Mort pour la foi ou pour la patrie ?

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Lucien Botovasoa deviendra, à partir de la semaine prochaine, le deuxième bienheureux laïc malgache, après Victoire Rasoamanarivo, béatifiée en 1989. Le 15 mars 2018, il sera béatifié, 71 ans après sa mort en 1947. L’événement n’a pas manqué de mobiliser l’ensemble de l’église catholique à Madagascar. En témoigne l’assistance venue en masse à la présentation, samedi dernier, de cet instituteur formé chez les jésuites à Fianarantsoa, mort décapité « en haine de la foi ». Cette séance de présentation est le prélude d’un événement qui s’annonce riche en émotions, tellement la vie et les circonstances de la mort de Lucien Botovasoa, ont suscité une vive émotion chez les fidèles catholiques.

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Mort pour la foi ou pour la patrie ?

« Mon Dieu, pardonne à mes frères… Que mon sang répandu à terre soit pour le salut de ma patrie ». Ces dernières paroles de Lucien Botovasoa, répétées avant que ne surviennent les plusieurs coups de hache – dont le premier fut raté ! – qui lui ôteront la vie, ont suscité des questions chez des fidèles sur la nature à attribuer à la mort de Lucien Botovasoa. A-t-il été assassiné pour sa foi ou alors est-il mort pour la patrie ? Le père François Noiret, vice-postulateur de la cause de la béatification de Botovasoa, a apporté lors de cette séance de présentation, quelques éléments de réponse dont l’essentiel a mis en avant l’exemplarité de la vie chrétienne de Lucien Botovasoa, mis à mort pour avoir gardé sa foi. Refusant d’occuper la fonction de secrétaire du MDRM, il refuse de cautionner des actes qu’il qualifie de contraires à sa foi chrétienne, notamment le meurtre. Considéré comme  « trop chrétien », connu pour son impartialité, il gênait bien des personnes. Il le paiera de sa vie. Ainsi, cet homme qui s’offrit  à mourir à la place des siens pour les épargner, est mort à seulement 39 ans. Si aujourd’hui, sa vie est donnée en exemple aux jeunes, combien d’entre ceux-ci pourront suivre cet exemple qui va jusqu’à sacrifier sa propre vie ? Dans la cour de l’EKAR François d’Assise Andravoahangy où s’est tenue la cérémonie de présentation de Lucien Botovasoa, samedi dernier, il a été entendu dans un groupe de jeunes, discutant de la question : « Des gens qui décident de nos jours de mourir pour quelque cause que ce soit, pas sûr qu’il y en aura des masses… ».

Hanitra R.

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